The premonitory power of a song / Le pouvoir prémonitoire d’une chanson

In 1954, bluesman Pat Hare was recording « I’m Gonna Murder My Baby » at the Sun studio in Memphis. Eight years later, the man commited indeed this murder that would send him to jail for a sixteen-year sentence. Does it testify the premonitory power of a song ? We may believe in it.

The same kind of story happened to me a few months ago. The song « Workin’ Man » by Bob Wayne has been on my setlist for a couple of years. This song, fortunately less bloody than the one performed by Pat Hare, tells the difficult condition of a man who must work to raise and feed his family. The song tells the story in the first person, explaining the fate of a man put in chains in his condition, hard work, routine, crisis and the boss who has to send him and his co-workers back home : « the bossman says works getting slow, pack up your tools boys and head on home ». In the original song the boss isn’t mentioned by name. However a few months ago, during a gig that I performed for my colleagues in the presence of my own boss, I decided to substitute the « bossman » in the song and to mention my boss’s name as a private joke.

One month later, my boss, under pressure, sent back home one third of my colleagues…

Since that event, I still sing « Workin’ Man » on stage but without mentioning anyone in particular…

En 1954, le bluesman Pat Hare enregistrait « I’m Gonna Murder My Baby » (« je vais tuer ma chérie ») au studio Sun de Memphis. Huit ans plus tard, l’homme commit effectivement ce crime qui l’envoya en prison pour une sentence de seize ans. Cela démontre-t-il le possible pouvoir prémonitoire d’une chanson ? On peut le croire.

Le même genre d’anecdote m’est arrivé il y a quelques mois. La chanson « Workin’ Man » de Bob Wayne est à mon répertoire depuis une paire d’années. Cette chanson heureusement moins sanglante que celle enregistrée par Pat Hare rend compte de la condition difficile d’un homme qui doit travailler afin de nourrir les siens. La chanson déroule son histoire à la première personne, la fatalité d’un homme enchaîné à sa condition, le travail difficile et ingrat, la routine, la crise et le patron contraint de le virer avec ses collègues : « the bossman says works getting slow, pack up your tools boys and head on home » (« le patron dit, il n’y a plus de boulot les gars, rangez vos affaires et retournez chez vous »). Dans la chanson originale aucun patron n’est cité nommément. Il y a quelques mois cependant, dans le contexte d’un concert que je donnais à mes collègues en présence de mon boss, je décidai de remplacer « bossman » et de nommer explicitement le mien comme un clin d’oeil ironique.

Un mois plus tard, mon boss, contraint et forcé, renvoya chez eux un tiers de mes collègues…

Depuis cet évènement, je continue de chanter « Workin’ Man » mais en ne citant personne…

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